Puisque « dubius in fide, infidelis est » : la censure de la traduction espagnole de l’ouvrage Les Américaines, ou la Preuve de la religion par les lumières naturelles (1769)

Auteurs-es

DOI :

https://doi.org/10.17533/udea.mut/v16n2a02

Mots-clés :

censure, femmes traductrices, genre, Les Américaines, ou la Preuve de la religion par les lumières naturelles (Jeanne-Marie Leprince de Beaumont), traduction

Résumé

Le 17 mars 1791, Cayetana de la Cerda y Vera (1755-1798), comtesse de Lalaing, reçoit une réponse défavorable censurant la publication de sa traduction intitulée Las Americanas, o la Prueba de la Religion Christina por las luces naturales, initialement de l’autrice française Jeanne-Marie Leprince de Beaumont (1711-1776). Les censeurs ont affirmé que la raison principale était l’incitation « au doute méthodique de la vérité chrétienne ». S’agissant d’une œuvre écrite par une femme, traduite par une autre femme et dont les personnages internes sont féminins, les censeurs ont considéré que sa lecture en Espagne pouvait être pernicieuse et entraîner des erreurs dans la transmission de la foi catholique. D’après eux, le groupe féminin auquel cette publication s’adressait n’avait pas la préparation métaphysique nécessaire. Par conséquent, nous sommes confrontés à une censure discriminatoire motivée principalement par des questions de genre. Dans cet article, nous avons l’intention d’analyser en détail les rapports de censure et la réponse de la traductrice en utilisant la méthode synthétique-analytique afin d’étudier la critique d’un point de vue genré. Notre objectif est de rendre visible une censure motivée par des discriminations contre les femmes. À l’instar de la traduction comme discipline, les traductrices ont été, elles-mêmes, historiquement reléguées au second plan.

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Biographie de l'auteur-e

Sandra Pérez-Ramos, Université de Caen - Normandie, France

Titulaire d'un doctorat en traduction, études de genre et études culturelles de l'Université de Vic - Université centrale de Catalogne et d'un doctorat en études ibériques et ibéro-américaines de l'Université de Perpignan Via Domita (France). Elle est actuellement enseignante et chercheuse à l'Université de Caen - Normandie (France) et membre de l'équipe de recherche ERLIS (EA 4254). Ses recherches portent sur la récupération de la mémoire historique des femmes traductrices, l'analyse linguistique et traductologique des traductions et l'analyse du discours censitaire et anthropocentrique dans la littérature scientifique et féminine.

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Publié-e

2023-07-31

Comment citer

Pérez-Ramos, S. (2023). Puisque « dubius in fide, infidelis est » : la censure de la traduction espagnole de l’ouvrage Les Américaines, ou la Preuve de la religion par les lumières naturelles (1769). Mutatis Mutandis. Revista Latinoamericana De Traducción, 16(2), 277–292. https://doi.org/10.17533/udea.mut/v16n2a02